Le Blog Atmosphérique

A voir cet été ...

Le musée Fernet-Branca La collection Planque " De Degas à Picasso "

Nous avons déjà évoqué dans notre site la figure de Jean Planque , collectionneur et marchand dont la collection comprend plusieurs oeuvres importantes de Picasso. Autodidacte, c’est en visitant avec avidité les musées et les galeries qu’il acquiert sa formation et il peint aussi un peu grâce aux conseils du peintre Walter Schüpfer. Sa vision de l’art va évoluer radicalement après avoir vu les aquarelles de Paul Klee qu’il prit au premier abord pour des dessins d’enfants. Il va travailler à la galerie Tanner à Zurich, puis en 1954, il rencontre le marchand bâlois Ernst Beyeler dont il restera le collaborateur jusqu’en 1972. Il commence alors une collection personnelle: Auberjonois, Berger, Bissières, Bonnard, Braque, Cézanne, Degas, Delaunay, Klee, Léger, Rouault, de Staël, Tobey et Francis parmi d'autres. Mais cela sera surtout la rencontre avec Jean Dubuffet, dont il défendra l’œuvre avec enthousiasme, qui va enrichir ses connaissances et ses goûts artistiques. Ce peintre est, avec Picasso, l'artiste le plus représenté dans sa collection.

Femme au chapeau dans un fauteuil, 1939

du 30 mai au 24 octobre 2010
Espace d’Art Contemporain Fernet Branca
2, rue du Ballon
68300 SAINT-LOUIS

Quatorze Juillet

Le 14 juillet 1945 à Paris

Picasso nous montre une ville pavoisée en l'honneur du 14 juillet 1945, on distingue Notre-Dame au milieu d'une multitude de petits drapeau. Picasso qui était resté pendant tout l'occupation à Paris, célèbre à sa manière la liberté retrouvée.
Ce Quatorze juillet est la première fête nationale après la victoire sur l'Allemagne nazie . Trois jours de commémoration et de réjouissance civiques avaient été décidé pour célébere le retour de la souveraineté politique et l'unité nationale. Les festivités commencèrent à l'est de Paris, le 13 juillet, et se terminant à l'ouest le 15 : bals àla Concorde ,les feux d'artifice à Longchamp, programme militaire des 14 et 15 juillet avec revue cours de Vincennes, défilé de la Bastille à l'Etoile.
( source: www.cheminsdememoire.gouv.fr)

Le Quatorze Juillet à Notre-Dame, 14/07/1945 ( Collection particulière)

L'invention de la Cote d'azur

Juillet 1920, passer l'été sur la Côte n'était pas encore très à la mode. L'été, il fallait aller en Normandie ou bien à Dinard pour profiter de l'air marin et vivifiant. La saison s'arrêtait au mois de juin, les hôtels fermaient. Il fallut toute la persuasion de riches américains pour convaincre l'hôtel du Cap de rester ouvert au début de ces années 1920. Sarah et Gérald Murphy et leurs enfants s'y installèrent à plusieurs reprises avant d'acheter une grande villa. Longues baignades dans l'eau transparente et pique-niques sur la plage seront le programme de ces premières vacances estivales.
Picasso et Olga, quant à eux, seront dès juillet 1920 à Antibes, Picasso l'andalou n'a pas peur du soleil et il peut profiter de cette ambiance plus décontractée et moins mondaine pour continuer à travailler pendant les vacances. Quelques dessins nous rappellent qu'Antibes fut un calme village de pêcheurs ...

Antibes, 12 juillet 1920 ( Collection particulière)

Le repas frugal

Demain sera vendu aux enchères à Paris une partie des "trésors" du coffre Vollard. Ces oeuvres, dont beaucoup de gravures, seront restées près de 70 ans à l'abri de la lumière dans un coffre de banque où un courtier agissant pour Ambroise Vollard les avait enfermées peu de temps avant l'arrivée des allemands à Paris. Vollard étant décédé après avoir été renversé par une voiture en 1939 et le courtier ayant été déporté puis disparu dans un camp d'extermination, les oeuvres restèrent dans le silence des chambres fortes pendant de longues années avant que la banque ne se décide à vendre le contenu pour se rembourser de frais de location impayés.
Après une bataille juridique entre les héritiers Vollard et ceux du courtier, les oeuvres sont enfin présentées à la vente par Sothebys Paris le 29 juin prochain.

On pourra ainsi découvrir une très belle épreuve du "Repas frugal", une épreuve avant aciérage (L'aciérage en protégeant la plaque de cuivre permet un plus grand nombre de tirage). Cette gravure nous montre toute la délicatesse du trait et la richesse de détails exécutées par Picasso à la taille-douce. Le thème traité par Picasso est récurrent au cours du début du XXes . Les conditions de vie des artistes, des petites gens et des déclassés ont beaucoup marqués Picasso qui nous livre ici un portrait d'un couple aux visages émaciés. Leurs mains démesurément allongées aux articulations saillantes ne sont pas sans rappeler Le Gréco que Picasso admirait beaucoup.